Expedition en Guyane Française

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Compte-rendu en ligne : http://bourses-expe.com/bourses2011/BE2011-CR_Guyanne_Traces_Jules_Crevaux.html

Compte-rendu en téléchargement:  Expédition sur les traces de Crevaux

L’accès à l’intérieur des terres par le fleuve Maroni est resté impossible jusqu’en dans les années 1870, l’axe étant verrouillé par les populations de noirs marrons installées sur son cours. Ce n’est que dans les Années 1880 que les premiers explorateurs ont pu emprunter cette route, dessinant les premières données géographiques de ce territoire, tout en y ajoutant une bonne partie de légendes et de fantasmes. C’est ainsi que sont nés les différents mythes qui hantent encore aujourd’hui les lieux.
Un de ceux-ci concerne l’existence d’une chaîne de montagne, qui fut dénommée les monts Tumuc Humac (tucucumaque ou tucumaque selon les récits). Cette chaîne de montagne s’est progressivement révélée être une pure création de l’imagination des explorateurs de ce temps. Elle a d’ailleurs été mentionnée sous des noms et dans des lieux différents, se baladant sur les cartes, entre le Surinam, la Guyane et le Brésil. Mais étant donné que les informations sur cette région étaient extrêmement rares, la légende est restée vive jusque dans les années 1950. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1997 que le nom de « Tumuc Humac » fut définitivement supprimé des cartes IGN. Ces montagnes jamais trouvées ont fasciné des générations de voyageurs et la chaîne est devenue le symbole même du  mystérieux et de l’inaccessible. Aujourd’hui encore, une rue de la commune de Maripasoula porte le nom de ces massifs montagneux qui n’ont jamais existé.
Dans cette vision fantasmée de la Guyane, ces Monts cachaient d’ailleurs un paradis perdu, une ville antique oubliée des temps modernes, que les explorateurs avaient dénommée la « Manoa d’el Eldorado ». En dépit de tous les démentis quant à l’existence de cette ville, ce paradis perdu a longtemps influencé de nombreux explorateurs et cette fable continue à avoir des échos dans la littérature sur la Guyane.

Jules Crevaux, mendiant de l'eldoradoJules Crevaux descendre l'orénoque

Crévaux est le premier explorateur dont nous avons des traces ayant descendu le Maroni à la recherche des monts Tumuc Humac. Parti en 1876, à l’âge de 30 ans en Guyane, il sillonna l’Amazonie, pied nus selon la légende, marchant plus de 1300 km dans la forêt. Une de ces premières expéditions chercha justement à rejoindre l’Amazone par le Maroni. Il a commencé par lier connaissance avec les Indiens Galibis puis, seul, a pénétré chez les Bonis, communauté noire marronne du Haut Maroni. Il s’est alors lié d’amitié avec Apatou, un Boni qui l’a suivi dès lors dans toutes ses expéditions guyanaises. Ensemble, ils ont remonté l’e Marouani, un affluent du Maroni et sont arrivés dans une communauté amérindienne appelée à l’époque les Roucouyennes (actuels Wayanas). Ils sont alors repartis par le sentier des Emerillons, et ont pris un chemin qu’ils imaginaient passer par les monts Tumuc Humac. Persuadé d’avoir découvert la chaîne de montagne mythique, Crevaux donna àun sommet d’un mont le nom  de son village natal, Lorquin, consacrant dans le même temps sa propre naissance au monde des explorateurs géographes.
La suite de l’expédition les fit traverser la forêt sur deux semaines afin de rejoindre l’Apaouani puis le Rio Jary (appelé Yari, à l’époque), affluent de l’Amazone. Ce ne sont que deux mois plus tard qu’ils arrivèrent à Belém, après avoir parcouru plus de 1 000 km de fleuves et de forêts totalement inconnus. Crevaux était alors dans un tel état de dénuement que les habitants le prirent pour un forçat évadé ; heureusement un Français lui offrit le bateau pour la France et il pu rendre compte de son voyage à la Société de géographie. Il avait tout juste 31 ans.
Par son âge et surtout par sa détermination, Crevaux apparaît plus comme un illuminé, un mystique cherchant le paradis perdu que comme un géographe poussé par la recherche scientifique. C’est ainsi qu’il a multiplié les expéditions, seul, embauchant des canotiers pour ses trajets et ne prenant pour matériel que le strict nécessaire. Une personne l’ayant rencontré en Guyane écrivait sur lui « deux chemises, un hamac, une moustiquaires, des vivres pour quelques jours, voilà tout son bagage ». C’est ainsi qu’il fut surnommé « le mendiant de l’El Dorado » ;
Sa dernière expédition le mena à Tarija, en Bolivie, d’où il rejoignit le Rio Pilcomayo. Arrivé en plein territoire des Indiens Tobas, il fut prisonnier avec ses compagnons d’alors. Deux membres de l’escorte parviendront à s’échapper et raconteront que Jules Crevaux fut tué et mangé, ainsi que deux autres compagnons, par les Tobas. Il venait d’avoir 35 ans et laissait derrière lui les récits de ses voyages ainsi qu’un ouvrage intitulé Grammaire et vocabulaire Roucouyennes qui sera publié après sa mort.

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